Petit-déjeuner : des ramens aux herbes fraîches

Vietnam – J9 de Mai Chau (Lac Coc 2) à Son La

Son La a prospéré comme un point de transit logique entre Hanoï et Dien Bien Phu. Ce n’est pas une destination incontournable mais le paysage environnant est impressionnant. La prison de Son La représente pour les français un vestige ancré dans l’histoire coloniale et le musée d’histoire présente les uses et coutumes des différentes ethnies présentent dans la région ainsi que leur évolution au cours du temps.

Aujourd’hui, départ inévitable du homestay. C’est avec regret que je quitte la famille et cette superbe région mais il faut bien continuer. Le beau frère du propriétaire me dépose en moto au bord de la grande route pour attendre le bus direction Son La (d’après ce que j’ai compris, le conducteur est un membre de la famille du propriétaire, peut être son cousin) qui doit arriver à 9h. Arrive 9h, toujours pas de bus et le beau-frère ne parlant pas du tout anglais, l’attente est… longue. C’est seulement à 10h et dans un branle bas de combat de tout les diables que déboule sur la route le bus. Mon sac et moi sommes happés en moins de deux et fissa le bus repart. Le bus va tenir ce rythme effréné pendant toute la durée du trajet, estimée à vitesse normale à 3h30-4h, et que nous avons réalisé dans le temps record de 2h. L’heure d’arrivée prévue à 12h à Son La ayant été parfaitement respectée. Le moindre « arrêt » pour faire descendre ou monter des personne été d’une rapidité incroyable, il fallait limite sauter en cours de route. Et la vitesse folle sur la route m’a fait bringuebaler, rebondir, sauter, rouler, tressauter tel un grain de maïs qui explose en pop corn.

Son La = 61 600 habitants. Capitale de la province homonyme, elle constitue une étape sur la route de Dien Bien Phu. La région est principalement peuplée de Thaï blancs, Thaï noirs, Meo et Muong.

La région est l’un des plus ethniquement diversifiée et abrite plus de 30 minorités différentes, notamment les Thaï noir, les Meo, les Muong et les Thaï blancs. L’influence vietnamienne était minime jusqu’au 20ème siècle et de 1959 à 1980 la région faisait partie de la région autonome Tay Bac.

Que faire à Son La

Profiter des Sources chaudes

À proximité des villages thaïs, au sud de la ville, se trouve des sources chaudes (Suoi Nuoc Nong). Les enfants peuvent jouer nus dans la piscine publique. Mais pour les adultes, notamment les Occidentaux, il est possible de bénéficier d’une cabine particulière équipée d’une baignoire. Il suffit de prévoir un maillot de bain. Un échantillon de savon, de shampoing et une serviette peuvent être loués sur place. Si vous êtes en voiture, au panneau qui indique le site pénitentiaire, prendre la route qui part vers le sud (la direction opposée à celle de la prison) elle est goudronnée jusqu’au siège du Parti. Au bout de 5 km se trouvent deux petites constructions réservées aux bains et à une cinquantaine de mètres les deux bassins cimentés. Cette piste est tout à fait praticable à moto ou en véhicule haut sur roues, mais se transforme en bourbier à la saison des pluies.

Pour ma part, dès mon arrivée à Son La à la gare routière j’ai repéré l’hôtel le plus proche indiqué par un fameux guide touristique (juste en face de la gare routière). La grille a moitié fermée, pas de lumières, personne à l’accueil, un vrai chantier à l’intérieur, j’ai cru qu’il était abandonné. Et puis je me suis faufilé sous la grille, j’ai émis un léger « ‘S’cuse me » et au bout de quelques minutes la propriétaire est arrivée. Très gentille mais ne parlant pas un mot d’anglais.

Notre discussion fut longue, animée et sportive. Mais finalement j’ai obtenu :

    • une chambre « nettoyée » en direct (en déménageant une fois car je me suis aperçue qu’il n’y avait ni électricité, ni pommeau de douche dans la première);
    • un point de restauration, juste en face, l’équivalent d’un bistrot ou d’un routier des plus basiques qu’il soit. Mon repas agrémenté de regards intrigués, de rires, de conversations animées a été très simple mais il est fascinant de voir qu’avec pas grand chose ils réussissent à apporter des saveurs et des textures qui, combinées, font un plat délicieux.

  • et dans ce restaurant, le patron ou le père de famille ou  un amis de la famille ou…, par le plus grand des hasard (même si il n’y a pas de hasard là bas), était chauffeur de taxi. Je ne me rappelle plus comment j’ai pu réussir à leur faire comprendre que je voulais aller aux sources chaudes. D’ailleurs je me suis demandées pendant un bon moment, jusqu’à destination en fait, si ils m’avaient bien cilprit car ils me regardaient interloqués. Ils y vont peut être à des horaires spécifiques plutôt qu’en début d’après midi…
  • Et ce chauffeur malin (et intéressé financièrement) avec l’aide d’une montre et d’un papier m’a fait comprendre qu’il était plus simple pour moi qu’il m’attende pendant l’heure où je serais aux sources afin de me ramener en centre ville. En effet, si il partait, demander à ce que l’on m’appelle un taxi et me ramener à l’hôtel…

Les sources chaudes de Suoi Nuoc Nong sont aménagées de cabines privées. Elles auraient, apparemment, des vertus curatives.

Les sources étaient très agréable, un bon moment de détente. J’ai suivi une femme jusqu’à une cabine individuelle. Elle a actionné le robinet et m’a laissé. J’ai mis un bon moment à comprendre qu’elle ne reviendrait pas et que ma séance aux bains était commencée. Il n’y a pas de temps précisé, ni d’horloge, ni rien en fait. Au bout d’une heure à trempouiller dans l’eau chaude, à actionner le robinet qui envoyait un jet d’eau tiède et massante dans le dos, j’ai quitté ma cabine. Le chauffeur m’attendait autours d’une table avec les hommes de la maison, en train de partager une pipe à eau, un tube de bambou d’une hauteur d’environ 50 cm typique au Vietnam, et de boire une infusion aux fleurs chaude et rosée. Ils me proposent de les rejoindre, l’infusion est délicatement parfumée et pas sucrée.

C’est le moment de partir, détendue et propre. Changement de programme, je demande à mon chauffeur de me déposer à la prison de Son La. Il semble comprendre mais s’arrête en cours de route pour parler avec un autre taxi. Il repart dans l’autre sens et nous voilà arriver. Il me fait comprendre gentiment (touriste, argent facile, chauffeur vip) qu’il m’attend à la sortie pour me conduire autre part. Sa journée est déjà gagnée, il ne m’a pas fait payer son temps d’attente aux sources et est prêt à m’attendre tout le temps que durera ma visite. Le service de taxi ici est totalement différent du notre. Mais je lui fais comprendre que je rentrerai à pied, cela lui semble assez osé mais je suis confiante et bien décidée à marcher et rentrer à l’hôtel tout en visitant Son La.

Que voir à Son La

L’Ancienne prison française et musée

À l’époque de la colonisation française, les anticolonialistes étaient incarcérés dans le pénitencier (Nha Tu Cu Cua Phap) de Son La, qui fut détruit par les largages de bombes américains. Il a été en partie restauré, et notamment les tourelles et miradors surplombant les cellules et les murs intérieurs. Le musée présente quelques expositions inté­ressantes sur les ethnies montagnardes et offre une vue panoramique sur la prison.

Le Marché

On y trouve de tout, vêtements, légumes, viandes, animaux, sacs à bandoulière, écharpes, ainsi que d’autres objets d’artisanat montagnard.

Chè est un terme générique qui désigne un dessert vietnamien sous forme de soupe ou de boisson.

Le chè se décline sous de nombreuses variétés, avec des légumes, des haricots, des fruits, etc. Certains se consomment chauds mais la plupart se mangent froids. Les ingrédients qui reviennent le plus souvent sont le soja, le haricot mungo, le riz (sous forme de pâte), le lait de coco, les graines de sésames, le tapioca.

Marchande de Chè

Et c’est là que tout a commencé à foirer…

Contente de ma baignade, ma visite, mes petits achats sur le marché. De m’en être encore bien sortie et d’avoir fait, une fois de plus, de belles expériences. Munie du guide touristique indiquant l’adresse de l’hôtel et de l’application Maps sur mon portable, je rentre gaiement à pied. 5 km de route sont indiqué. Impeccable.

Sur le trajet je croise deux marchandes et leur stand mobile installés sur le trottoir. Intriguée je m’approche. Elles confectionne sur commande des gâteaux de riz gluant (salés). Je profite de la commande d’un homme pour leur signaler que je veux la même chose que lui, même si je n’ai absolument aucune idée des ingrédients. Ça reste la méthode la plus facile. Après le dessert (le chè du marché), mon repas du soir se complète. Juste à côté, je tenais à poster cette photographie. Astucieux et pratique: le siège bébé pour moto. Vu le nombre d’utilisateur de deux roues au Vietnam, il a un grand avenir tout tracé!

Je continue tranquillement mon chemin, en demandant par-ci par la, quand je croise du monde et que l’on daigne me répondre. L’étranger et l’anglais rebute beaucoup de monde. Soit ils m’ignorent totalement, soit ils me font comprendre qu’ils ne comprennent pas et ne veulent même pas essayer. Mais dans la grande majorité des cas, ils sont souriants et aimables et essaye de m’aider de leur mieux. Ma curiosité et ma présence les fait plus sourire et les intrigue. Ils sont parfois perplexes et perturbés que je les regarde mais l’accepte avec plaisir et fierté. Il  a du respect dans les deux sens, je ne suis pas voyeuriste et je demande la permission de prendre des photos.

Bref, on m’indique petit à petit avec les doigts le nombre de kilomètre qui réduit. Des odeurs délicieuses me parviennent. Des buns!!! Je rêvais d’en déguster. Tout chauds, fait en direct par une vieille femme très souriante « Mmmmh, miam, miam » me fait-elle. Ni une, ni deux je lui en prend un. Mon repas du soir est complet. Le plus dur, c’est d’attendre l’arrivée à l’hôtel pour déguster tout ça! Surtout le bun bien chaud et ses douces effluves qui aiguisent mes papilles…

Je touche au but! Ouf, ma batterie est quasiment à plat.

Mais où sont donc mes fameuses déboires et difficultés promises…

Patience, les voici: l’adresse indiquée sur le guide… n’était pas la bonne. Dommage… c’était la seule que j’avais. Pour résumer je suis:

  • perdue dans une ville sans plan
  • en rade de batterie de portable
  • mon sac à dos et mes affaires sont restées à l’hôtel
  • anglophone et francophone dans une ville sans touristes
  • incapable de dire et de savoir dans quelle rue se trouve mon hôtel
  • seule
  • la nuit tombe, il est bientôt 18h30

C’est la panique! C’est vraiment le seul moment de mon séjour où j’ai ressenti cette boule d’angoisse et cette panique. Où j’ai senti mes nerfs à fleur de peau et une envie de pleurer. Mais en désespoir de cause je montre à un habitant l’adresse de l’hôtel. Il me signale que je suis bien dans la bonne rue et je lui fais comprendre par de grands signes négatifs que l’hôtel lui pas contre ne l’est visiblement pas… Et, il me comprend! Me fais signe d’attendre.

Il traverse la rue et me fais signe. Discute avec une famille et leur deux jeunes filles de 12-14 ans je dirais. Et qui… « parlent » quelques mots d’anglais. Je commence à me détendre. Eux par contre sont tous totalement détendus. Ils rigolent,  parlent entre eux, expliquent, sourient mais moi… je suis tendue comme un string, la morve et les larmes prêtent à couler. Youhou les gars, je suis perdue!

Ça a été très long et très compliqué pour leur faire comprendre ma situation et surtout pour réussir à leur indiquer où se trouve mon hôtel. Heureusement pour moi, il se situe en face de la gare routière! « Bus station » que les deux jeunes ont comprit. Enfin j’ai cru qu’elle avaient comprit car elles m’indiquent un arrêt de bus. Je rajoute le mot « BIG bus station » avec les bras pour compléter ma phrase dans un geste de désespoir. Puis, éclair de génie, je leur dit le mot: « Dien Bien Phu », ma destination en bus pour le lendemain. Et là… VICTOIRE! Elles comprennent où je veux aller. Mais à cette heure ci ils n’y a bien évidement pas de bus. Bref, pour leur faire comprendre ensuite que mon hôtel est à côté de la gare routière… je vous épargne les détails.

La famille m’appelle un taxi et donne les indications au chauffeur. Je ne les remercierai jamais assez. Éreintée mais le sourire jusqu’aux oreilles, je prend place à l’arrière du taxi puis m’effondre sur mon lit à l’hôtel. Je peux enfin souffler. Et remercier mon ange gardien qui aujourd’hui encore a « Grave assuré! ».

Place au repas bien mérité! Gâteau de riz gluant à je ne sais quoi mais absolument délicieux, bun aux champignons noirs, vermicelles et porc et chè à je ne sais quoi mais absolument délicieux. J’aurai voulu que ce repas ne s’arrête jamais. Hyper heureuse d’être rentrée à l’hôtel rajouter au fantastique menu, c’est un moment DE-LI-CIEUX !

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